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Lettre de Thomas P., incarcéré depuis le 12 février

Après l’acte 13, le 10 février sur les journaux paraissait le nom de Thomas P., figure du « super casseur ».
Mais depuis c’est le silence. Cela fait trois mois qu’il est enfermé à Fleury Mérogis en préventive sous le coup d’une instruction criminelle. Pour que son isolement cesse, Thomas nous a fait parvenir une lettre écrite en cellule qui revient sur les raisons qui l’ont amené à se battre aux côtés des Gilets Jaunes.

LETTRE D’UN GILET JAUNE EN PRISON

Le 29/04/2019.

Bonjour,

Je m’appelle Thomas. Je fais partie de ces nombreux Gilets Jaunes qui dorment en ce moment en prison. Cela fait près de 3 mois que je suis incarcéré à Fleury-Mérogis sous mandat de dépôt criminel.

Je suis accusé de pas mal de choses après ma participation à l’acte XIII à Paris :

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui »

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui par un moyen dangereux pour les personnes » (incendie d’une Porsche)

« dégradation ou détérioration de bien par un moyen dangereux pour les personnes commise en raison de la qualité de la personne dépositaire de l’autorité publique de son propriétaire » (le ministère des armées)

« dégradation ou détérioration d’un bien destiné à l’utilité ou la décoration publique » (attaque sur une voiture de police et une voiture de l’administration pénitentiaire)

« violence aggravée par deux circonstances (avec arme et sur dépositaire de l’autorité publique) suivi d’incapacité n’excédant pas 8 jours » (l’arme serait une barrière de chantier, toujours sur la même voiture de police, 2 jours d’ITT pour le traumatisme)

« violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité »

« participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de biens ».

J’ai effectivement commis une partie des actes que recouvrent ces formulations un peu ronflantes… Et je les assume. J’ai bien conscience qu’écrire cela risque de me faire rester un peu plus de temps en prison et je comprends très bien tous ceux qui préfèrent ne pas revendiquer leurs actes devant la justice et parient sur une éventuelle clémence.

Quand on lit cette longue liste de délits et leurs intitulés, il y a de quoi me prendre pour un fou furieux, n’est-ce pas ? C’est d’ailleurs comme ça que l’on m’a décrit dans les media. Enfin, on m’a plutôt réduit à un mot bien pratique : « casseur ». Simplement. « Pourquoi ce type a cassé? – Parce que c’est un casseur, c’est évident. » Tout est dit, circulez il n’y a rien à voir et surtout, rien à comprendre. À croire que certains naissent « casseur ». Cela évite d’avoir à se demander pourquoi tel commerce est ciblé plutôt que tel autre, et si par hasard ces actes n’auraient pas un sens, au moins pour ceux qui prennent le risque de les accomplir.

Il est d’ailleurs assez ironique, que je me retrouve affublé du stigmate de « casseur », notamment parce que la chose que j’apprécie le plus dans la vie, c’est la construction. Menuiserie, charpente, maçonnerie, plomberie, électricité, soudure… Bricoler, réparer tout ce qui traîne, construire une maison de la dalle aux finitions, c’est ça mon truc. Après, c’est vrai, rien de ce que j’ai construit ou réparé ne ressemble à une banque ou à une voiture de police.

Dans certains médias, on m’a aussi traité de « brute », pourtant je n’ai jamais été quelqu’un de violent. On pourrait même dire que je suis doux. À tel point que cela m’a rendu la vie compliquée pendant l’adolescence. Bien sûr, dans la vie, on passe tous par des situations difficiles et on s’endurcit. Après, je ne cherche pas à dire que je suis un agneau ni une victime.

On n’est plus innocent quand on a vu la violence « légitime », la violence légale : celle de la police. J’ai vu la haine ou le vide dans leurs yeux et j’ai entendu leurs sommations glaçantes: «dispersez-vous, rentrez chez vous ». J’ai vu les charges, les grenades et les tabassages en règle. J’ai vu les contrôles, les fouilles, les nasses, les arrestations et la prison. J’ai vu les gens tomber, en sang, j’ai vu les mutilés. Comme tous ceux qui manifestaient ce 9 février, j’ai appris qu’une nouvelle fois, un homme venait de se faire arracher la main par une grenade. Et puis je n’ai plus rien vu, à cause des gaz. Tous, nous suffoquions. C’est à ce moment-là que j’ai décidé ne plus être une victime et de me battre. J’en suis fier. Fier d’avoir relevé la tête, fier de ne pas avoir cédé à la peur.

Bien sûr, comme tous ceux qui sont visés par la répression du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai d’abord manifesté pacifiquement et au quotidien, je règle toujours les problèmes par la parole plutôt que par les poings. Mais je suis convaincu que dans certaines situations, le conflit est nécessaire. Car le débat aussi « grand » soit il, peut parfois être truqué ou faussé. Il suffit pour cela que celui qui l’organise pose les questions dans les termes qui l’arrangent. On nous dit d’un côté que les caisses de l’État sont vides mais on renfloue les banques à coups de millions dès qu’elles sont en difficulté, on nous parle de « transition écologique » sans jamais remettre en question le système de production et de consommation à l’origine de tous les dérèglements climatiques¹. Nous sommes des millions à leur hurler que leur système est pourri et ils nous expliquent comment ils prétendent le sauver.

En fait, tout est question de justesse. Il y a un usage juste de la douceur, un usage juste de la parole et un usage juste de la violence.

Il nous faut prendre les choses en main et arrêter d’implorer des pouvoirs si déterminés à nous mener dans le mur. Il nous faut un peu de sérieux, un peu d’honneur et reconnaître qu’un certain nombre de systèmes, d’organisations et d’entreprises détruisent nos vies autant que notre environnement et qu’il faudra bien un jour les mettre hors d’état de nuire. Ça implique d’agir, ça implique des gestes, ça implique des choix : manif sauvage ou maintien de l’ordre ?

À ce propos, j’entends beaucoup de conneries à la télé, mais il y en a une qui me semble particulièrement grossière. Non, aucun manifestant ne cherche à « tuer des flics ». L’enjeu des affrontements de rue c’est de parvenir à faire reculer la police, à la tenir en respect : pour sortir d’une nasse, atteindre un lieu de pouvoir ou simplement reprendre la rue. Depuis le 17 novembre, ceux qui ont menacé de sortir leur armes, ceux qui brutalisent, mutilent et asphyxient des manifestants désarmés et sans défense, ce ne sont pas les soit-disant « casseurs », ce sont les forces de l’ordre. Si les médias en parlent peu, les centaines de milliers de personnes qui sont allées sur les ronds-points et dans les rues le savent. Derrière leur brutalité et leurs menaces, c’est la peur qui se cache. Et quand ce moment arrive, en général, c’est que la révolution n’est pas loin.

Si je n’ai jamais eu envie de voir mon nom étalé dans la presse, c’est désormais le cas, et comme je m’attends à ce que journalistes et magistrats épluchent et exposent ma vie personnelle, autant prendre moi-même la parole². Voilà donc ma petite histoire. Après une enfance somme toute assez banale dans une petite ville du Poitou, je suis parti dans la « grande ville » d’à côté pour commencer des études, quitter le foyer familial (même si j’aime beaucoup mes parents), commencer la vie active. Pas dans le but de trouver du travail et de prendre des crédits, non, plutôt pour voyager, faire de nouvelles expériences, trouver l’amour, vivre des trucs dingues, l’aventure quoi. Ceux qui ne rêvent pas de cela à 17 ans doivent être sérieusement dérangés.

Cette possibilité-là, pour moi, c’était la fac mais j’ai vite déchanté face à l’ennui et l’apathie régnants. Puis coup de chance, je suis tombé sur une assemblée générale au début du mouvement des retraites. Il y avait des gens qui voulaient bloquer la fac et qui ont attiré mon attention. J’en ai rencontré quelques-uns qui voulaient occuper un bâtiment et rejoindre les dockers. Le lendemain, je les ai accompagné pour murer le local du Medef et taguer « pouvoir au peuple » sur les parpaings tout frais. Voilà le jour où l’homme que je suis aujourd’hui est né.

J’ai donc étudié l’Histoire parce qu’on parlait beaucoup de révolution et que je ne voulais pas parler depuis une position d’ignorant. Mais très vite, je décidais de quitter la fac. Le constat était simple, non seulement on en apprenait bien plus dans les bouquins qu’en cours mais en plus de cela je n’avais pas envie de m’élever socialement pour devenir un petit cadre aisé du système que je voulais combattre. Là c’était le vrai début de l’aventure.

Ensuite, j’ai vécu avec plein de potes en ville ou à la campagne, c’est là que j’ai appris à tout réparer, à tout construire. On essayait de tout faire nous-mêmes plutôt que de bosser pour l’acheter. Un peu une vie de hippie, quoi! À la différence qu’on savait qu’on n’allait pas changer le monde en s’enterrant dans notre petit cocon auto-suffisant. Alors, j’ai toujours gardé le contact avec l’actualité politique, je suis allé à la rencontre de celles et ceux qui, comme moi dans le passé, vivaient leur premier mouvement.

Voilà comment j’ai rejoint les Gilets Jaunes depuis maintenant quatre mois. C’est le mouvement le plus beau et le plus fort que j’ai jamais vu. Je m’y suis jeté corps et âme, sans hésitation. L’après-midi de mon arrestation, plusieurs fois des gens sont venus vers moi pour me saluer, me remercier ou me dire de faire attention à moi. Les actes que l’on me reproche, ceux que j’ai commis et les autres, ils sont en réalité collectifs. Et c’est précisément de cela dont le pouvoir à peur et c’est pour cette raison qu’ils nous répriment et nous enferment individuellement en tentant de nous monter les uns contre les autres. Le gentil citoyen contre le méchant « casseur ». Mais de toute évidence, ni la matraque ni la prison ne semblent arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec celles et ceux qui continuent.

Depuis les murs de Fleury-Merogis, Thomas, gilet jaune.

Sur WordPress : comitedesoutienathomasp.home.blog

et sur Facebook : comité de soutien à Thomas P

¹ Cela vaut d’ailleurs pour beaucoup d’écologistes officiels qui souhaitent que ce sale pollueur de pauvre ne puisse plus rouler avec sa camionnette des années 90 qu’il entretient, répare et bricole lui-même. Non, il va devoir s’acheter tous les quatre ans la dernière voiture high-tech basse conso.

² D’ailleurs, les journaux parlent de mes antécédents judiciaires pour « dégradation ». Il a fallu que je me creuse la tête pour me souvenir. Il s’agit plus précisément d’un « vol avec dégradation en bande organisée ». C’est-à-dire qu’à force d’enjamber le grillage pour faire de la récup’ de nourriture dans les poubelles d’un Carrefour Market de campagne, il s’était un peu affaissé. C’est pas une blague. C’est juste la magie des qualifications pénales.

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Lettera di un gilet giallo in prigione

Buongiorno,

Mi chiamo Thomas. Faccio parte dei molti Gilet Galli che in questo momento dormono in prigione. Sono circa 3 mesi che sono incarcerato a Fleury-Mérogis in attesa di processo.

Sono accusato di parecchie cose durante la mia participatione al atto XIII a Parigi :

 » devastazione e saccheggio « 

 » danneggiamento aggravato con arma  » (incendio di una Porsche)

 » danneggiamento aggravato con arma che mette in pericolo persone depositarie della dell’autorità pubblica  » (attacco al ministero della difesa)

 » danneggiamento aggravato di beni dell’autorità pubblica  » (attacco di una macchina della polizia e di una macchina dell’amministrazione penitenziara)

 » violenza aggravata in due circonstanze (con arma e su persona depositaria dell’autorità pubblica) con prognosi inferiore a 8 giorni  » (l’arma sarebbe una barriera di un cantiere, sempre su la stessa macchina della polizia, e i 2 giorni di prognosi sono per lo shock).

 » violenza su una persona depositaria dell’autorità pubblica « 

 » partecipazione a un gruppo che commette atti di danneggiamento e violenza contro le persone  » Ho effetivamente comesso una parte degli atti descritti in queste formulazioni altisonanti… e le assumo. So che scriverlo mi farà rimanere più a lungo in prigione e capisco quelli che preferiscono non rivendicare i propri atti davanti alla giustizia, sperando in un’eventuale clemenza. Quando si legge questa lunga lista, sembra che io sia pazzo, giusto ? Infatti è così che sono stato descritto dai giornali, o piuttosto ridotto ad una seplice parola: « casseur » .  » Perché questo ragazzo ha distrutto? – Perche è un casseur, ovviamente « . E così è stato detto tutto, non c’e niente da vedere, e supprattuto, niente da capire. Sembra quasi che alcuni nascono « casseur ». Questo evita di chiedersi perché sia stato preso di mira un commercio piuttosto che un altro, o se per caso non ci fosse un senso dietro a questi atti, almeno per quelli che prendono il rischio di compierli. Del resto è abbastanza ironico che io venga soprannominato « casseur », dato che la cosa che preferisco fare di più nella vita, è costruire. Falegnameria, saldatura, muratura, idraulica, electricistica… riparare tutto ciò che trovo in giro, costruire una casa delle fondamenta fino alle rifiniture: questa è la mia specialità. Ma posso assicurarvi che niente di quello che ho costruito assomiglia ad una banca o ad una macchina della polizia. In alcuni giornali, mi si è anche definito « prepotente », eppure non sono mai stato qualcuno di violento. Si potrebbe anche dire che sono dolce, al punto tale da rendermi la vita complicata durante l’adolescenza. Ogniuno di noi attraversa situazioni difficili che finiscono per indurirci. Ma neanche non voglio assolutamente dire che sono un agnellino o una vittima. Non si può più essere innocenti quando si è guardato in faccia la violenza « legittima », la violenza legale: quella della polizia. Ho visto la rabbia e il vuoto nei loro occhi ed ho sentito le loro gelide intimidazioni:  » Disperdetevi, tornate a casa « . Ho visto le cariche, le granate e i pestaggi. Ho visto i controlli, le perquisizioni, le « nasse », gli arresti e la prigione. Ho visto la gente cadere, maschere di sangue, ho visto i mutilati. Come tutti quelli che manifestavano il 9 febbraio, ho saputo che ancora una volta, un uomo aveva appena perso una mano a causa di una granata. Poi non ho piu visto niente, a causa dei gaz. Tutti, soffocavamo. È in quel momento che ho deciso di non essere più una vittima e di combattere. Ne sono fiero. Fiero di aver rialzato la testa, fiero di non aver ceduto alla paura. Certo, come tutti quelli che sono presi di mira dalla repressione del movimentio dei Gilet Gialli, ho prima manifestato pacificamente. Di solito regolo i miei problemi attraverso la parola piuttosto che con le botte, ma sono convinto che in alcune situazioni, il conflitto sia necessario. Perché il dibattito, tanto « grande » che sia (riferimento al « Grand Débat » organizzato dal governo come risposta alle proteste dei GG), può essere truccato o falsato. Basta che chi lo organizzi ponga le domande unicamente nei termini che gli stanno bene. Da una parte ci dicono che le casse dello stato sono vuote, ma allo stesso tempo rimpinguano le banche a suon di milioni, appena sono in difficoltà; ci parlano di « transizione ecologica » senza mai mettere in dubbio il sistema di produzione e di consumo all’origine dei cambiamenti climatici [1]. In milioni urliamo che il loro sistema è marcio e di tutta risposta ci raccontano come fingono di salvarlo. Infatti, è tutta questione di giustezza. C’e un giusto uso della dolcezza, un giusto uso della parola e un giusto uso della violenza. Dobbiamo prendere la situazione in mano, smettere di implorare i poteri così determinati a condurci dritti addosso a un muro. Bisogna essere un po’ seri e avere un po’ d’onore, riconoscere che un gran numero di sistemi, organizzazioni e imprese distruggono le nostre vite quanto l’ambiente e un giorno dobbiamo porre fine alla loro capacità di nuocere. Implica d’agire, implica dei gesti, implica delle scelte : corteo selvaggio o mantenimento dell’ordine ? A tal proposito, sento molte stupidaggini in televisione, ma c’e ne una che mi sembra particolarmente esagerata. No, nessun manifestante cerca di « uccidere degli sbirri ». L’obbiettivo degli scontri è fare arretrare la polizia, tenerla a bada : per uscire da un’accerchiamento, per raggiungere un luogo del potere o simplicemente per riprendersi le strade. Dal 17 novembre, quelli che hanno minacciato di estarre le armi, quelli che brutalizzano, mutilano, asfissiano dei manifestanti disarmati e indifesi, non sono i sedicenti « casseurs », sono le forze dell’ordine. Se i giornali ne parlono poco, le centinaia di migliaia di persone che tenevano le rotonde e le strade lo sanno. Dietro la loro brutalità e le minacce, si nasconde la paura. E quando questo succede, generalmente significa che la rivoluzione è vincina. Se non ho mai voluto vedere il mio nome nella stampa, ormai è troppo tardi, e mi aspetto anche che giornalisti e magistrati spulcino la mia vita personale. Tanto vale prendere la parola io stesso [2]. Ecco dunque la mia piccola storia. Dopo una infanzia tutto sommato abbastanza banale in un paese del Poitou, sono andato nella « grande città » vicina per iniziare i miei studi, lasciare il focolare familiare (anche se amo molto i miei genitori), iniziare la vita adulta. Non con lo scopo di trovare un lavoro e di guadagnare credito, no, piuttosto per viaggiare, fare nuove esperienze, trovare l’amore, vivere dei momenti intensi, insomma l’avventura ! Quelli che non sognano questo genere di cose a 17 anni sono seriamente squilibrati. Questa possibilità, per quanto mi riguardava, pensavo di trovarla grazie all’unversità. Di fronte alla noia e all’apatia regnante le mie illusioni si sono rapidamente sgretolate. Poi: colpo di fortuna, mi sono imbattuto in una delle prime assemblee del « movimento delle pensioni ». La gente che voleva bloccare l’unversità ha attirato la mia attenzione. Il giorno dopo, li ho accompagnati per murare il locale del Medef e scrivere « Potere al popolo » sui blocchi di cemento ancora freschi. Ecco il giorno dove l’uomo che sono oggi è nato. Così ho studiato storia perché si parlava molto di rivoluzione e non volevo parlarne da una posizione d’ignoranza. Ma rapidamente, ho deciso di lasciare l’unversità. Era simplice, non soltanto se ne imparava molto di piu attraverso i libri che durante i corsi, e oltretutto non avevo voglia di avanzare socialmente per poi diventare un piccolo quadro del sistema che volevo combattere. Questo era il vero inizio dell’avventura. Poi, ho vissuto con tanti amici in città o in campagna, è lì che ho imparato a riparare tutto, a costruire tutto. Cercavamo di costruire tutto noi stessi piuttosto che lavorare per comprarlo. Si può dire un po’ una vita da hippy! Con la differenza che sapevamo che non avremmo cambiato il mondo isolandoci nel nostro piccolo bozzolo autosufficiente. Sono quindi sempre rimasto in contatto con l’attualità politica, sono andato verso coloro che, come me nel passato, vivevano il loro primo movimiento. Ecco come ho raggiungato il moviemnto Gilet Galli che dura adesso da cinque mesi. È il movimiento piu bello e forte che abbia mai visto. Mi ci sono gettato anima e corpo, senza esitazione. Il pomeriggio del mio arresto, diverse volte la gente è venuta per salutarmi, ringraziarmi o dirmi di fare attenzione. Gli atti che mi rimproverano, quelli che ho commesso e gli altri, sono in realtà collettivi. Ed é precisamente di questo che il potere ha paura, ed è per questo che ci reprimono e ci rinchiudono individualmente, provando a montarci l’uno contro l’altro. Il gentile cittadino contro il cattivo « casseur ». Ma è evidente che ne il manganello ne la prigione riescono a fermare questo movimiento. Resto con tutto il cuore con coloro che continuano.

Il 29/04/2019, da dentro le mura di Fleury-Merogis, Thomas, gilet giallo.

[1] Del resto questo vale per molti ambientalisti di partito, che vogliono che questo sporco inquinatore di un povero non possa più guidare il suo furgoncino degli anni ’90, che mantiene e ripara lui stesso. Dovrà invece comprarsi ogni quattro anni l’ultima macchina high-tech a basso consumo.

[2] Del resto, i giornali parlano dei miei precedenti penali per « degrado ». Ho dovuto spremermi le meningi per ricordarmene. Si tratta piu precisamente di un « furto con degrado in banda organizzata « . Cioè: a forza di scavalcare la rete metallica per recuperare del cibo dalla spazzature di un Carrefour di campagna, si era un po affossato. Non è una scherzo. É giusto la magia delle definizione penale.

Traduction en Portugais : Carta de Thomas P., Colete Amarelo encarcerado desde 12 de fevereiro

Depois do ato XIII, no dia 10 de fevereiro apareceu estampado nos jornais o nome de Thomas P., figura do “super vândalo”. Mas, depois, só o silêncio. Faz 3 meses que está encerrado na prisão de Fleury-Mérogis em preventiva, sob instrução criminal. Para que seu isolamento pare, Thomas nos enviou uma carta escrita na cela e que aborda os motivos que o motivaram a combater ao lado dos Coletes Amarelos.

Carta de um Colete Amarelo na prisão

 29/04/2019.

Olá,

Meu nome é Thomas. Sou parte dos numerosos Coletes Amarelos que dormem nesse momento na prisão. Faz mais de 3 meses que estou encarcerado em Fleury-Mérogis sob mandato criminal.

Sou acusado de várias coisas após minha participação no Ato XIII (9 de fevereiro) em Paris:

• “Degradação ou deterioração de um bem pertencendo a outrem”.

• “Degradação ou deterioração de um bem pertencendo a outrem por meios perigosos para as pessoas” (incêndio de uma Porsche).

• “Degradação ou deterioração de bem por meios perigosos para as pessoas depositárias de autoridade pública” (Ministério das Forças Armadas).

• “Degradação ou deterioração de um bem destinado à utilidade ou a decoração pública” (ataque a uma viatura de polícia e uma viatura da administração penitenciária).

• “Violência agravante por duas circunstâncias (com arma e em depositário da autoridade pública) seguida de incapacidade não excedendo 8 dias” (a arma seria uma grade, na mesma viatura de polícia, 2 dias de internação para o trauma).

• “Violência sobre uma pessoa depositária da autoridade pública sem incapacidade”.

• “Participação a um grupo formado com o objetivo de preparação de violências contra as pessoas ou de degradação ou destruição de bens”.

Efetivamente, cometi uma parte desses atos disfarçados de formulações pesadas… e os assumo. Tenho plena consciência que ao escrever isso me arrisco em ficar um pouco mais de tempo atrás das grades, e entendo muito bem a todos os que preferem não reivindicar seus atos diante da justiça e apostam a uma eventual clemência.

Quando lemos essa longa lista de delitos e seus títulos, temos de pensar que sou um louco furioso, não é? Aliás, é assim que me descreveram na imprensa. Ou seja, me reduziram a uma palavra bem prática: “vândalo”. Simplesmente. “Porque esse moleque quebrou? – porque é um vândalo, é evidente”. Tudo é dito, circulem não há nada que ver e, sobretudo, nada para entender. É de acreditar que alguns nascem “vândalos”. Isso evita ter que se perguntar porque tal loja foi alvo de violência mais do que tal outra e se, por acaso, esses atos não teriam algum sentido, ao menos pelos que tomam o risco de realizá-los.

É bastante irônico, aliás, que seja colocado no estigma do “vândalo”, notadamente porque a coisa que mais apreço na vida é a construção. Carpintaria, alvenaria, encanamentos, eletricidade, soldagem… arrumar as coisas, construir uma casa, isso é o que gosto. Claro, nada do que eu construí ou arrumei se parece a um banco ou a uma viatura de polícia.

Em alguns meios de comunicação fui tratado também de “bruto”, porém, nunca fui alguém violento. Poderíamos dizer que sou um doce, até que isso me tornou a vida bastante complicada durante minha adolescência. Obviamente, na vida, passamos todos os dias por situações complicadas e nos endurecemos. Mas, não busco dizer que sou um cordeiro ou uma vítima.

Não somos mais inocentes quando vemos a violência “legítima”, a violência legal: a da polícia. Vi o ódio ou o vazio nos seus olhos e escutei suas palavras de gelo: “dispersem, voltem para suas casas”. Vi as cargas, as granadas e os espancamentos em regra. Vi os controles, as revistas corporais, as detenções e a prisão. Vi as pessoas caindo, ensanguentadas, as vi mutiladas. Como todos os que manifestavam esse 9 de fevereiro, aprendi que mais uma vez, um homem acabava de ter a mão arrancada por uma granada. E logo, não vi mais nada por causa do gás. Todos sufocávamos. É nesse momento que decidi de não ser mais uma vítima e de combater. E estou orgulhoso disso. Orgulhoso de ter levantado a cabeça, orgulhoso de não ter cedido ao medo.

Obviamente, como todos os que são alvos da repressão do movimento dos Coletes Amarelos, comecei manifestando pacificamente e cotidianamente, arrumo sempre meus problemas com a palavra antes que pelos punhos. Mas estou convencido que em certas situações, o conflito é necessário. Porque o debate por tão “grande” que ele seja, pode as vezes ser falsificado ou distorcido. Só basta para isso que quem o organize faça as perguntas nos termos que lhe interesse. Nos dizem por um lado que as caixas do Estado estão vazias, mas, são concedidos bilhões aos bancos cada vez que estão em dificuldade, nos falam de “transição ecológica” sem jamais questionar o sistema de produção e consumo na origem de todos as interrupções climáticas. Somos milhões gritando que seu sistema é podre e nos explicam como pretendem salvá-lo.

No fim, tudo é uma questão de equilíbrio. Existe um uso justo da loucura, um uso justo da palavra e um uso justo da violência.

Temos que tomar as coisas em nossas mãos e parar de implorar os poderes tão determinados a nos enviar para o muro. Precisamos um pouco de seriedade, um pouco de honra e reconhecer que certo número de sistemas, de organizações e empresas destroem nossas vidas tanto quanto o meio-ambiente e que teremos algum dia que impedir que sigam sendo nocivos. Isso implica atuar, implica gestos, implica escolhas: manifestações selvagens ou mantimento da ordem?

Em relação a isso, escuto muita bobagem na televisão. Mas tem uma que me parece muito grosseira. Não, nenhum manifestante busca “matar policiais”. O que está em jogo nos enfrentamentos nas ruas, é conseguir fazer recuar a polícia, tê-la à distância, para sair de um cerco, chegar a um lugar de poder ou simplesmente retomar a rua. Desde o 17 de novembro, os que ameaçaram de sacar suas armas, os que brutalizam, mutilam, asfixiam manifestantes desarmados e sem defesa, não são os “vândalos”, são as forças da ordem. Se os meios de comunicação falam muito pouco disso, as centenas de milhares de pessoas que foram nas rotatórias e nas ruas o sabem. Atrás da sua brutalidade e das suas ameaças, é o medo que se esconde. E quando, isso aparece, em geral é que a revolução não está longe.

Se nunca tive vontade de ver meu nome aparecendo na imprensa, agora é o caso, e como espero que os jornalistas e magistrados descascam e exponham minha vida pessoal, prefiro tomar eu mesmo a palavra. Aqui vem então, minha pequena história. Após uma infância bastante banal em uma pequena cidade do Poitou, fui para a “grande cidade” ao lado para começar a estudar, sair da família (mesmo que ame muito minha família), começar a vida ativa. Não com o objetivo de encontrar trabalho e contratar credito, não, mais para viajar, fazer novas experiências, encontrar o amor, viver coisas loucas, a aventura… Os que não sonham com isso aos 17 anos devem ser seriamente perturbados.

Essa possibilidade, para mim, foi a universidade, mas rapidamente me desiludi diante do aborrecimento e da apatia reinante. E, sorte, encontrei uma assembleia geral no início do movimento da aposentadoria. Tinha gente que queria bloquear a universidade e que me chamaram a atenção. Encontrei alguns que queriam ocupar um edifício e se juntar aos trabalhadores portuários. No dia seguinte, os acompanhei para fechar o local do Medef (sindicato de patrão) e pixar “poder ao povo” nas paredes frescas. Esse dia foi o dia quando o homem que sou hoje nasceu.

Estudei história porque se falava muito em revoluções e não queria falar desde uma posição de ignorante. Mas rapidamente, decidi sair da universidade. Aprendia-se muito mais nos livros que nas aulas, mas, não tinha vontade de me “levantar” socialmente para me tornar um pequeno quadro acomodado do sistema que queria combater. Aí foi o verdadeiro começo da aventura.

Depois, vivi com muitos amigos na cidade ou no campo, foi aí que aprendi a arrumar tudo, a construir tudo. Tentávamos fazer tudo nós mesmos mais do que trabalhar para comprar. Um pouco a vida de hippie… só que sabíamos que não íamos mudar o mundo nos enterrando no nosso pequeno casulo autossuficiente. Então, mantive contato com a atualidade política, fui ao encontro dos que, como eu no passado, viviam seu primeiro movimento. É assim como me juntei aos Coletes Amarelos há quatro meses. É o movimento mais bonito e o mais forte que já vi. Me lancei de corpo e alma, sem duvidar. A tarde da minha detenção, muitas vezes algumas pessoas vieram me ver para me cumprimentar, me agradecer ou me dizer de me cuidar. Os atos que me reprovam, os que cometi e os outros são em realidade coletivos. E é precisamente isso que o poder teme, e é por isso que nos reprimem e nos encarceram individualmente e tentam nos colocar uns contra os outros. O cidadão simpático contra o “vândalo” mau. Mas, obviamente, nem o cassetete nem a prisão parecem acabar com esse movimento. Estou com todo meu coração com as e os que seguem.

Desde os muros de Fleury-Merogis, Thomas, Coletes Amarelos

>> Notas:

[1] Isso significa para muitos ecologistas oficiais que desejam que esse maldito contaminador de pobre não possa mais dirigir com sua camioneta dos anos 1990 que ele mesmo arruma e mantém. Não, ele vai ter que comprar a cada 4 anos o último carro que cada vez contamina menos.

[2] De fato, os jornais falam dos meus antecedentes judiciários por “degradação”. Tive que bater minha cabeça para lembra. Trata-se mais precisamente de um “roubo com degradação em banda organizada”. Ou seja, que depois de passar repetidamente por cima da grade para reciclar comida nos lixos do Carrefour Market no campo, tinha-se afundado um pouco. Não, não é uma brincadeira, é a magia das qualificações penais.

Brief eines Gilet Jaune im Gefängnis

Ein Brief von Thomas P., Gilet jaune eingesperrt seit 12.2.19

Nach dem Akt XIII der Gilet Jaune, am 10. Februar tauchte der Name Thomas P. in den Zeitungen auf und stellte ihn als den „Super Casseur » (Super Randalierer – Zerstörer) dar.

Seit dem ist es ruhig geworden und es sind schon drei Monate vergangen in denen er in Fleury-Mérogis (Gefängnis[1]) südlich von Paris) eingesperrt ist, in Untersuchungshaft. Damit seine Isolation aufhört schrieb Thomas uns einen Brief aus seiner Zelle, der zu den Gründen zurückkommt, die ihn an der Seite der Gilet Jaune kämpfen lassen haben.

der 29.04.2019

Guten Tag,

Ich heisse Thomas. Ich bin einer der vielen Gilet Jaune die momentan im Gefängnis schlafen. Es sind jetzt schon drei Monate die ich in Fleury-Mérogis im Regime der Untersuchungshaft eingesperrt bin.

Mir werden ziemlich viele verschiedene Dinge vorgeworfen, nach dem ich am Akt XIII in Paris teilgenommen hatte:

„Sachbeschädigung oder Beschädigung Eigentums Dritter »

„Sachbeschädigung oder Beschädigung Eigentums Dritter durch für Mitmenschen gefährdende Mittel (der Brand eines Porsche) »

„Sachbeschädigung oder Beschädigung öffentlichen Eigentums » (Militärministerium)

„Sachbeschädigung oder Beschädigung Eigentums zum Nutzen der öffentlichen Ordung » (Angriff auf ein Polizeifahrzeug und brannt eines Fahrzeugs der Verwaltung des Strafvollzugs)

„erschwerte Gewalthandlung in zwei Fällen (Bewaffnung und Beamtenbeleidigung) mit daraus folgender Unfähigkeit des Beamten die folgenden 8 Tage zu arbeiten. » (Die Waffe war ein Bauzaun, immer auf das gleiche Polizeifahrzeug, zwei Tage Therapie für das Trauma)

„Gewalt gegen eine wehrlose Amtsperson »

„Teilnahme an einer Menschengruppe, die Gewalthandlungen gegen Personen oder Zerstörung von Eigentum vorbereitet. ».

Ich habe tatsächlich einen Teil der Taten begangen die sich in den schnarchenden Formulierungen wiederfinden…Und ich stehe zu ihnen. Mir ist wohl bewusst, dass das was ich hier schreibe dazuführen könnte, dass ich noch länger im Gefängnis bleiben muss und ich verstehe alle sehr gut, die es bevorzugen sich vor Gericht nicht zu ihren Taten zu bekennen und damit eine mögliche Verschärfung vermeiden wollen.

Wenn wir diese lange Liste der Delikte und ihre Titel lesen, spricht nichts dagegen mich für einen verückten Wilden zu halten, oder? Das ist ja auch das, als was mich die Medien beschrieben haben. Am Ende haben sie mich aber auf das praktische kleine Wort „Casseur » (Randalierer, Zerstörer) reduziert. „Warum hat dieser Typ randaliert? – Weil das ist ein Randalierer, ist doch klar. » Alles ist gesagt, geht weiter Leute es gibt nichts zu sehen und ganz besonders, nichts zu verstehen. Es gilt zu glauben einige wurden als „Casseurs » geboren. Das verhindert zumindest fragen zu müssen, warum besonders der eine Laden Ziel war und nicht der andere. Und ganz nebenbei hatten seine Taten eh keinen Sinn, oder eben nur für die, die das Risiko eingehen die selben zu begehen.

Es ist übrigens äusserst ironisch mich mit dem Stigmata „Casseur » zu belegen, weil ich nichts schöneres in meinem Leben empfinde als aufzubauen. Tischlerei, Zimmerei, Mauerei, Sanitär, Elktizität, Schweissen… rumbasteln, Dinge zu reparieren die rumliegen, ein Haus von Grund auf bis zur Fertigstellung bauen, das ist mein Ding. Es stimmt, ja, nichts was ich gebaut oder repariert habe ähnelt einer Bank oder einem Polizeifahrzeug.

In einigen Medien wurde ich als „Brute » (Grobian, Schlägertyp und brutaler Kerl) bezeichnet, jedoch wahr ich nie jemand Gewalttätiges. Mensch könnte auch sagen ich wäre sanftmütig. An welchem Punkt wurde mein Leben während der Kindheit kompliziert? Ziemlich sicher ist, dass wir im Leben alle schwierige Situationen durchlaufen und damit abhärten. Damit will ich auf keinen Fall sagen ich sei ein Lamm oder ein Opfer.

Wir sind nicht mehr unschuldig wenn wir die „legitime » Gewalt gesehen haben, die legale Gewalt: die der Polizei. Ich habe den Hass und die Leere in ihren Augen gesehen und ihre eisigen Wahrnungen gehört: „Zerstreut euch, Geht nach Hause. » Ich habe die Angriffe, die Granaten und die regelkonforme Prügel gesehen. Ich sah die Kontrollen, die Durchsuchungen, die Einkesselungen, die Festnahmen und das Gefängnis. Ich sah Leute blutend zusammenbrechen, ich sah Verstümmelte. So wie alle, die am 9.Februar auf der Strasse waren, lernte ich ein weiteres Mal aufs neue, wie ein Mann zur Demo kommt und ihm eine Hand durch eine Granate abgerissen wird, wie ich nichts sehen kann durch das ganze Tränengas. Es reicht, wir ersticken! Das war der Moment an dem ich beschloss nicht länger Opfer zu sein und das ich kämpfen werde. Ich bin stolz. Stolz, dass ich meinen Kopf erhoben habe, stolz dass ich die Angst nicht siegen lassen habe.

Sicher, so wie alle die durch die Repression gegen die Gilet Jaune getroffen wurden habe ich zu allererst friedlich demonstriert und mit dem Grundsatz gehandelt ich regle immer alle Probleme mit dem Gespräch und nicht mit den Fäusten. Aber ich bin überzeugt dass in einigen Situationen der Konfikt dann nötig ist.
Weil die Debatten dann auch sehr „gross » sind, sind sie manchmal verfälscht oder unrichtig. Es reicht fürs erste das die Person die sich organisiert Fragen stellt mit denen sie sich arrangieren kann. Wir sagen uns auf der einen Seite die Staatskassen seien leer, doch auf der anderen blasen wir Millionen in Banken die Schwierigkeiten haben. Wir sprechen über den „ökologischen Wandel », ohne auch jemals das Produktionssystem und die Konsumation als Urspünge der Klimatischen Probleme in Frage zu stellen. [2] Wir sind Millionen die herausbrüllen ihr System sei beschissen und sie erklären uns wie sich vorstellen es zu retten.

Eigentlich ist alles nur eine Frage der Angemessenheit. Es gibt einen angemessenen Nutzen der Sanftheit, einen angemessenen Nutzen des Geprächs und ein angemessenen Nutzen der Gewalt.

Wir müssen die Dinge selbst in die Hand nehmen und aufhören auf die Mächte zu zählen, die uns gegen die Wand fahren. Wir müssen ein bisschen ernsthafter und ehrlicher werden und erkennen, dass einige Teile des Systems, seine Organisationen und Unternehmen unser Leben und unsere Umwelt zerstören und eines Tages von uns unschädlich gemacht werden müssen. Das heisst Handlungen, das heisst Gesten, das heisst Entscheidungen zu treffen: wilde Demos oder Aufrechterhaltung der Ordnung?

In dem Zusammenhang höre ich viele bescheuerte Dinge im Fernsehen, aber eine ist besonders aufgeblasen. Nein, kein Demonstrant hat je versucht einen „Bullen zu töten ». Die Lust an der Konfrontation in der Strasse kommt daher, die Polizei zurück zu drängen, die respektvolle Distanz zu erhalten: Um aus dieser Schlinge zu entfliehen müssen wir uns einfach die Strasse nehmen. Seit dem 17. November sind die, welche die Waffen zücken, die die misshandeln, unbewaffnete ungeschützte Demonstranten ersticken und verstümmeln, nicht die sogenannten „Casseurs », es sind die Ordnungskräfte, Polizist*innen. Auch wenn die Medien wenig dazu verkünden, die hunderttausenden Menschen an den Kreisverkehren und in den Strassen wissen es. Hinter ihrer Brutalität und ihren Hinterlistigkeiten ist es ihre Angst die sie versteckt halten. Und wenn dann der Moment kommt, im allgemeinen, dann ist die Revolution nicht mehr weit.

Wenn ich auch nie Lust gehabt habe meinen Namen in der Presse abgedruckt wiederzufinden, ist dies jetzt der Fall so wie ich jetzt darauf warte das Journalisten und hohe Beamte Dinge über mein Privatleben ausstellen, ohne mir selbst die Stimme zu geben [3]. Also, hier meine kleine Geschichte. Nach einer an sich sehr banalen Kindheit in der kleinen Stadt Poitou bin ich in die „grosse Stadt » gegangen um auf der einen Seite ein Studium zu beginnen, mit dem familiären Umfeld zu brechen (auch wenn ich meine Eltern sehr gerne habe), und ein aktives Leben zu beginnen. Nicht mit dem Ziel Arbeit zu finden und Kredite aufzunehmen, nein, eher um zu reisen, neue Erfahrungen zu machen, Liebe zu finden, verrückte Dinge zu leben, Abenteuer halt. Wer von soetwas mit 17 Jahren nicht träumt hat ein ernsthaftes Problem.

Diese Möglichkeit da, für mich, dass war die Universität, aber ich war schnell abgeschreckt von der Langeweile und der herrschenden Apathie. Glücklicherweise bin ich über eine Vollversammlung zu Beginn der Rentenbewegung gestolpert. Es gab Leute die wollten die Universität blockieren auf die ich aufmerksam wurde. Ich traf auch einige die Gebäude besetzen und dann den Hafenarbeitern beistehen wollten. Am darauf folgenden Tag mauerten wir den Eingang vom Lokal „Medef » zu und sprayten an die neuen Wände „pouvoir au peuple ». Dort wurde der Mensch geboren, der ich heute bin.

Ich studierte also Geschichte, weil wir immer viel über Revolution reden und ich nie aus einer unwissenden Position reden wollte. Aber eben sehr schnell brach ich mit der Universität. Der Befund war simpel, nicht einfach dass mensch durch die Bücher und Kurse viel lernt, nein es ist eher, dass ich niemals Lust hatte sozial aufzusteigen um ein Kader im Speckgürtel des Systems zu werden welches ich bekämpfe. Dieser moment, das war der wirkliche Beginn des Abenteuers.

Danach verbrachte ich viel Zeit mit Freunden in der Stadt und auf dem Land. Das ist dort wo ich begann zu lernen alles zu reparieren und alles zu bauen. Wir haben versucht lieber alles selber zumachen als arbeiten zu gehen und es zu kaufen. Ein bisschen ein Hippileben, oder! Im Vergleich zu den Hippis waren wir uns jedoch bewusst, dass wir die Welt nicht ändern wenn wir uns in unserem kleinen selbstversorgerischen Kokon einspinnen. Also hielt ich immer den Kontakt zur aktuellen politischen Lage. Ich bin wie alle an Treffen gegangen, sowie all jene, die wie ich früher, jetzt ihre erste Bewegung erlebten.

Und so war es wie ich zu den Gilet Jaunes dazugekommen bin vor gerade jetzt vier Monaten. Das ist die schönste und stärkste Bewegung die ich jemals gesehen habe. Ich habe mich mit Körper und Geist hineingestürzt, ohne Zögern. Am Nachmittag meiner Verhaftung sind mehrmals Leute zu mir gekommen um mich zu grüssen, mir zu danken und mir zu sagen ich soll auf mich aufpassen. Die Taten die mir zu gesprochen werden, die die ich begangen habe und die anderen sind in der Realität kollektive Taten. Und das ist genau das wovor die Macht Angst hat und das ist auch der Grund warum sie uns einzeln einsperren und uns dazu verführen wollen uns gegenseitig zu verleumden. Derdie nette Bürgerin gegen den*die bösen „Casseur/Casseuse ». Aber in aller Ehrlichkeit, weder der Knüppel, noch das Gefängnis wird in der Lage sein diese Bewegung aufzuhalten. Ich bin mit vollem Herzen bei allen die weitermachen.

Aus den Mauern von Fleury-Mérogis, Thomas, Gilet jaune

Note:
Source: comitedesoutienathomasp.home.blog

Notes:

[1] Fleury-Mérogis Prison (Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis) is a prison in France, located in the town of Fleury-Mérogis, in the southern suburbs of Paris. With more than 4,100 prisoners, it is the largest prison in Europe.It is operated by the Ministry of Justice.
Fleury-Mérogis is notorious as a leading center of Islamist radicalization in European prisons.

[2] Das gilt im übrigen für all die offiziellen Ökologen die meinen, dass diese Armen Luftverpester mit ihren Bussen aus den 90iger Jahren nicht mehr fahren dürfen, die sie selbst instandhalten, reparieren und an ihnen basteln. Nein es braucht alle vier Jahre das neuste high-tech Auto mit niedrigem Konsum.

[3] Nebenbei, die Zeitungen sprechen bei meiner juristischen Vorgeschichte von „Sachbeschädigung ». Wenn ich mich nicht irre war das anders. Es handelte sich preziser ausgedrückt um „Diebstahl mit Sachbeschädigung in organisierter Bande ». Das heisst konkret, sich durch das Gitter eines Carrefour-Supermarktes auf dem Land zu zwängen um Essen aus dem Container zu bergen. Das Gitter war leicht verbogen. Das ist nur die Magie der Gerichtsurteile.

Lettre de Thomas traduite en suédois

Une personne qui soutient les gilets-jaunes et qui traduit les textes gilets jaunes pour son pays a fait une traduction de la lettre en suédois. Merci pour son aide et merci à tous pour votre soutien.

Hej,

Jag heter Thomas. Jag är en av alla de gulvästar som nuförtiden tillbringar dagarna i fängelse. I nästan tre månader har jag suttit häktad i Fleury-Mérogis.

Jag är anklagad för ganska många saker efter att ha deltagit i Akt 13 i Paris:

  • « Skadegörelse på annans egendom »
  • « Skadegörelse på annans egendom på ett sätt som kan framkalla fara för andra » (en Porsche satt i brand)
  • « Skadegörelse på annans egendom på ett sätt som kan framkalla fara för andra, utförd mot en myndighetsperson på grund av dennes status » (mot Arméministeriet)
  • « Skadegörelse på allmän egendom eller på offentlig dekoration » (attack mot en polisbil och mot en bil tillhörande Kriminalvården)
  • Utövande av våld, med två graverande omständigheter (med vapen och mot myndighetsperson), resulterande i arbetsfrånvaro understigande 8 dagar » (vapnet ska ha varit en barriär från ett bygge, mot samma polisbil, med 2 dagars sjukfrånvaro för trauma)
  • « Utövande av våld mot myndighetsperson vilket ej resulterat i arbetsfrånvaro »
  • « Delaktighet i gruppering i syfte att förbereda utövande av våld mot person eller för skadegörelse ».

Faktum är att jag utfört en del av de gärningar som beskrivs i dessa svulstiga formuleringar… och tar ansvar för dem. Jag är väl medveten om att genom att skriva detta riskerar jag att få sitta lite längre i fängelse och har full förståelse för dem som, i hopp om en mildare dom, föredrar att inte erkänna sina gärningar inför rättvisan.

När man läser denna långa lista av förseelser och deras rubriker är det lätt att ta mig för en galning, eller hur? Det är för övrigt så jag beskrivs i media. Eller ja, man har snarare förminskat mig till ett väldigt praktiskt ord: « vandal ». Kort och gott. « Men varför förstörde han så mycket, den där killen? ». « För att han är vandal, helt enkelt ». Inget mer att säga, så släpp det bara, gå vidare, finns inget att se… och framför allt, inget att förstå. Som om vissa föds till « vandaler ». Detta gör att man inte behöver fråga sig varför en viss butik blir mer utsatt än en annan och om det faktiskt kan vara så att dessa gärningar har en innebörd, åtminstone för dom som tar risken att utföra dem.

Förresten är det ganska ironiskt att just jag skulle bli omtalad som « vandal » eftersom det jag tycker bäst om i livet är att bygga. Snickeri, takstolar, murverk, rörmokeri, elektricitet, svetsning… fixa hemma, laga allt trasigt som ligger och skräpar… bygga ett hus från grundsten till sista detalj, det är min grej, det. Men visst, inget av det som jag byggt eller lagat påminner om en bank eller en polisbil.

I vissa medier har jag även kallats « vilde » trots att jag aldrig varit våldsam. Man kan till och med säga att jag är en lugn person. Så lugn att det gjorde livet svårt för mig under tonårstiden. Men självklart går vi alla igenom svåra situationer som man blir härdad av, så jag vill varken försöka framstå som ett offer eller snäll som ett lamm.

Man slutar vara naiv när man har sett « legitimt » våld, lagligt våld: polisens. Jag har sett deras ögon, antingen tomma eller hatfulla, och hört deras isande varningar: « Skingra er! Gå tillbaka hem! ». Jag har sett deras attacker, granater och, alltför ofta, deras slag. Jag har sett poliskontrollerna, visiteringarna, blockagen, häktningarna och fängelset. Jag har sett folk falla, blodiga, och dom som stympats. Liksom alla andra som demonstrerade den 9 februari hade jag fått veta att, än en gång, hade någon fått handen avsliten av en granat. Och sen såg jag inget mer på grund av all tårgas. Vi kunde knappt andas, nån av oss. Det var då jag bestämde mig för att sluta vara ett offer och istället kämpa. Det är jag stolt över. Stolt över att ha höjt huvudet, stolt över att inte ha gett efter för rädslan.

Jag började självklart med att demonstrera fredligt, precis som alla andra som fått känna av den repression gulväströrelsen är utsatt för. Och till vardags brukar jag alltid lösa problem genom att prata om saker och ting istället för att ta till nävarna. Men jag är övertygad om att i vissa lägen är konflikt nödvändigt. För till och med en debatt, hur « stor » den än må vara, kan ibland vara fejkad eller uppgjord på förhand. Det räcker med att organisatörerna ställer frågorna på ett sätt som passar dem. Vi får veta att statens skattkistor är tomma men så fort bankerna kommer i knipa, då kan man plötsligt pumpa in miljoner. Dom pratar med oss om « ekologisk hållbarhet » men ifrågasätter aldrig det system som bygger på produktion och konsumtion och som ligger till grund för klimatförändringarna (1). Vi är miljoner människor som skriker åt dem att deras system är ruttet men allt dom gör är att förklara för oss hur dom tänker göra för att rädda det.

Faktum är att allt är en fråga om precision. Det finns ett precist bruk av mjukhet, ett precist bruk av ord och ett precist bruk av våld.

Vi måste ta saken i egna händer och sluta upp med att böna och be makthavare som bara är fast beslutna att föra oss rätt in i väggen. Vi måste ta saker lite mer på allvar, stolt sträcka på oss och inse att vissa system, organisationer och företag förstör våra liv såväl som vår miljö och att vi en dag måste oskadliggöra dem. Det innebär aktion, det innebär handling, det innebär val: otillåten demonstration eller upprätthållande av allmän ordning?

Jag hör mycket dumt om detta på TV men det finns en dumhet som jag tycker är synnerligen grov. Nej, det finns ingen demonstrant som är ute efter att « döda snuten ». Syftet med sammandrabbningarna på gatan är att få polisen att dra sig tillbaka, att få dom att visa respekt: att ta sig ur ett blockage, ta sig fram till en av maktens byggnader eller helt enkelt ta tillbaka gatan. Dom som sedan den 17 november har hotat med att ta fram vapnen, dom som slår och stympar försvarslösa, obeväpnade demonstranter, som kväver dem i tårgas, det är inte så kallade « vandaler » utan ordningsstyrkor. Även om det knappt pratas om det i media så är alla dom hundratusentals personer som befunnit sig ute på rondellerna och på gatorna väl medvetna om det. Bakom deras hot och brutalitet gömmer sig rädsla. Och när man nått så långt, då betyder det oftast att revolutionen är nära.

Trots att jag aldrig har haft behov av att se mitt namn i pressen så är det tyvärr från och med nu det som kommer ske. Eftersom jag förväntar mig att domare och journalister kommer analysera och exponera mitt privatliv är det lika bra att jag tar till orden själv (2). Här kommer alltså min lilla historia. Efter en ganska ordinär uppväxt i en liten stad i Poitou flyttade jag till « storstan » i närheten. Det var av flera anledningar: börja plugga, komma hemifrån (även om jag älskar mina föräldrar) och börja ett aktivt liv. Inte för att hitta jobb och börja ta en massa lån och sånt, nej, utan för att resa, få nya erfarenheter, finna kärleken, uppleva galna saker, ja, äventyr, helt enkelt. Den som inte drömmer om sånt när man är sjutton måste helt enkelt vara störd.

Trots att det först var universitetet som gav mig den möjligheten tappade jag snabbt suget på grund av ledan och den rådande apatin. Sedan hade jag turen att hamna på ett möte i början av rörelsen mot omläggningen av pensionerna. Där fick jag syn på några som ville utföra en blockad mot universitetet. Några av dem ville ockupera en byggnad och stödja hamnarbetarna. Så dagen efter följde jag med dom för att bygga muren runt Medefs lokal och tagga « makt åt folket » på de splitternya byggstenarna. Det var dagen då den man jag nu är föddes.

Jag pluggade alltså historia eftersom vi brukade prata mycket om revolution och jag inte ville verka okunnig. Men det dröjde inte länge förrän jag bestämde mig för att lämna universitetet. Det var inget svårt beslut, inte bara för att man lärde sig långt mycket mer genom att läsa böcker än att gå på föreläsningar, utan också för att jag inte hade lust att sträva efter en högre social nivå bara för att bli en bekväm liten tjänsteman i det system jag ville bekämpa. Och det var då som det verkliga äventyret började.

Efter det bodde jag hos massor av kompisar, antingen i stan eller på landet, och det var då jag lärde mig att laga saker, och att bygga. Vi försökte göra allt själva istället för att jobba ihop pengar och köpa. Som ett hippie-liv, typ! Fast med den skillnaden att vi var väl medvetna om att vi inte skulle förändra världen genom att stänga in oss i vår egen lilla självförsörjande kokong. Så jag hade hela tiden kontakt med vad som hände inom politiken och mötte upp med folk som, precis som jag en gång i tiden, var med om deras första politiska rörelse.

Och det var så jag anslöt mig till gula västarna. Det är nu fyra månader sedan. Det är den vackraste och starkaste rörelse jag nånsin sett. Jag gav mig hän med kropp och själ, utan minsta tvekan. Den eftermiddag då jag greps var det vid flera tillfällen folk som kom fram till mig, hälsade, tackade och sa att jag skulle ta väl hand om mig. De gärningar jag anklagas för, både dom jag har begått och dom andra, är egentligen kollektiva. Och det är just det som makthavarna är rädda för. Det är därför dom förtrycker oss och håller oss isolerade i fängelset. Det är deras sätt att försöka få oss att vända oss mot varandra. Den snälle medborgaren mot den elake « vandalen ». Men i vilket fall som helst så verkar det inte som om varken batonger eller fängelse kan stoppa den här rörelsen. Jag stödjer dem som fortsätter av hela mitt hjärta.

Den 29 april, 2019, från insidan murarna på Fleury-Merogis

Thomas, gulväst

1) Detsamma gäller många offentliga miljöförespråkare som tycker att den där fattige typen som förorenar miljön inte längre ska få köra med sin gamla van från 90-talet, den som han håller liv i, reparerar och fixar med själv. Nej, istället ska man köpa ny bil var fjärde år med allra senaste high-tech och lägsta möjliga konsumtion.

2) Dessutom pratas det i tidningarna om mina tidigare domar för « skadegörelse ». Jag fick gräva djupt i minnet för att komma ihåg vad det gällde. Faktum är att det handlar om « stöld och skadegörelse i organiserad grupp ». Det vill säga, att när jag skulle ta mig över staketet för att återvinna mat från soptunnorna vid Carrefour Market de campagne blev det lite tilltryckt. Jag skojar inte. Det är det som är magin med straffbalkens formuleringar.  

CARTA DE UN CHALECO AMARILLO EN PRISIÓN

29 de abril de 2019

Hola,

Mi nombre es Thomas. Soy uno de los muchos chalecos amarillos que están durmiendo en prisión ahora mismo, han pasado casi tres meses desde que fui encarcelado en la prisión de Fleury-Merogis bajo prisión preventiva.

Estoy acusado de muchas cosas después de mi participación en el acto XIII en Paris:

« daño o deterioro de la propiedad privada »

« daño o deterioro de la propiedad privada por medios peligrosos para las personas » (incendio de un Porsche)

« daño o deterioro de la propiedad privada por medios peligrosos para las personas, cometidos por el estatus de autoridad pública del propietario » (Ministerio de Fuerzas Armadas)

« daño o deterioro de la propiedad destinada al uso público o decorativo » (ataque a una patrulla y a un auto de la administración penitenciaria)

« violencia agravada bajo dos circunstancias (con un arma y en contra de la autoridad pública) y seguida de incapacidad no mayor a 8 días » (el arma sería una barrera de una construcción, en la misma patrulla, 2 días de incapacidad laboral por trauma)

« violencia contra una persona con autoridad pública »

« participación en grupo, conformado para la preparación de violencia contra las personas o daño o deterioro de la propiedad »

De hecho, cometí algunos actos que están dentro de este amplio rango de delitos… y los asumo. Estoy consciente que escribir esto puede hacer que me quede un poco más de tiempo en prisión y entiendo muy bien a todos aquellos que prefieren no admitir sus acciones en las cortes y apostar por una posible clemencia.

Cuando uno lee esta larga lista de crímenes y las tipificaciones, es suficiente para hacerme parecer como un loco, ¿cierto? Así es como me ha descrito la prensa. Al final, fui reducido a una palabra muy sencilla « vándalo » [casseur en francés]. Simple. « ¿Por qué este tipo rompe cosas? –Porque es un vándalo, evidentemente. » Todo está dicho, siga adelante porque aquí no hay nada que ver, y sobre todo, nada que entender. Es como si alguien hubiera nacido para ser un « vándalo ». Esto evita tener que preguntarse por qué una empresa esta elegida como blanco por sobre otra, y si por casualidad estos actos no tienen sentido, al menos para aquellos que se arriesgan a cometerlos.

También es muy irónico que me encuentre yo mismo usando el estigma de « vándalo », especialmente porque lo que más disfruto en la vida es la construcción, la carpintería, la ebanistería, la albañilería, la plomería, la electricidad, la soldadura… Remodelar, reparar todo lo que necesite ser reparado, construir una casa desde los cimientos, eso es lo mío. De cualquier modo, es verdad, nada de lo que he construido o reparado parece ser un banco o una patrulla.

En algunos medios he sido llamado un « bruto ». Sin embargo, yo nunca he sido una persona violenta. Incluso algunos dirían que soy dulce. Tanto que me complicó la vida durante la adolescencia. Por supuesto, en la vida, todos pasamos por situaciones difíciles que nos endurecen. De cualquier modo, yo no estoy intentando decir que soy un cordero o una víctima.

Ya no se es más inocente cuando se ha visto la violencia « legítima », la violencia legal: la de la policía. Vi el odio y el vacío en sus ojos, y escuché sus escalofriantes advertencias: « dispérsense, váyanse a casa ». Vi los cargos, las granadas y las palizas en general. Vi los controles, los registros, las trampas, los arrestos, y la cárcel. Vi a la gente caer, ensangrentada, vi a los mutilados. Como todos aquellos que se manifestaron el 9 de febrero, vi una vez más que a un hombre le había sido arrebatada una mano por una granada. Y después no vi nada más por los gases. Todos nosotros estábamos sofocados. Ahí fue cuando decidí no ser más una victima y luchar. Estoy orgulloso de eso. Orgulloso de haber levantado la cabeza, orgulloso de no haber cedido al miedo.

Por supuesto, como todos aquellos que han sido blanco de la represión contra el movimiento de los Chalecos Amarillos, yo primero me manifesté pacíficamente y diariamente, yo siempre resolví los problemas con palabras en lugar de con los puños. Pero, estoy convencido que en algunas situaciones la confrontación es necesaria. Porque la discusión por muy grande que sea, algunas veces se puede manipular o distorsionar. Todo lo que se necesita es que el organizador realice las preguntas del modo que mejor le convenga. Por un lado, se nos dice que las arcas del Estado están vacías, por otro lado, cuando los bancos están en problemas los estamos rescatando con millones, estamos hablando de una « transición ecológica » sin si quiera habernos cuestionado que el sistema de producción y de consumo es el origen de todos los problemas climáticos [1]. Somos millones los que les gritamos, les decimos que sus sistema está podrido, y ellos nos dicen cómo intentan salvarlo.

De hecho, todo es sobre la justicia. Hay un uso justo de la dulzura, un uso justo de la palabra y un uso justo de la violencia.

Debemos tomar los problemas en nuestras propias manos y dejar de implorar a los gobiernos que están decididos a ponernos contra el muro. Necesitamos un poco de seriedad, un poco de honor, y reconocer que un grupo de sistemas, organizaciones y de negocios están destruyendo nuestras vidas tanto como a nuestro medio ambiente, y que algún día tendremos que hacer que dejen de dañarnos. Eso implica actuar, eso implica acciones, eso implica elecciones: ¿protesta salvaje o mantener el orden?

Sobre esto, he escuchado muchísima estupidez en la televisión, pero hay una que me parece particularmente vulgar. No, ningún manifestante esta intentando « matar policías ». El objetivo de los enfrentamientos en la calle es llegar a hacer retroceder a la policía, mantenerlos a raya: salir de una trampa, llegar a un lugar de poder o simplemente tomar la calle. Desde el 17 de noviembre los que amenazan con disparar sus armas, los que brutalizan, los que mutilan y los que asfixian a los manifestantes desarmados e indefensos, los que no son llamados « vándalos », ellos son la policía. Si la prensa no habla sobre eso, los cientos de miles de personas que han estado en las rotondas y en las calles lo saben. Detrás de su brutalidad y de sus amenazas, se esconde su miedo. Y cuando el momento llegue, en general, significa que la revolución no está lejos.

Si bien nunca quise ver mi nombre en la prensa, ahora es el caso, y como espero que los periodistas y magistrados hurguen y expongan mi vida personal, yo mismo voy a tomar la palabra [2]. Aquí esta mi pequeña historia. Después de una infancia bastante banal en una pequeña ciudad de Poitou, fui a « la gran ciudad » de a un costado para comenzar la escuela, dejar la casa familiar (aunque realmente me gustan mis padres), y comencé una vida activa. No con el propósito de encontrar trabajo y obtener créditos, no, más bien viajar, hacer nuevas experiencias, encontrar el amor, vivir locuras, tener aventuras. Aquellos que no sueñan con esto a los 17 años deben estar seriamente perturbados.

Esta posibilidad para mí era la universidad, pero rápidamente me decepcioné ante el aburrimiento y la apatía reinantes. Luego, por suerte, me encontré con una asamblea general al comienzo del movimiento de los jubilados. Había gente que quería bloquear la universidad y que llamó mi atención. Conocí a algunos que querían ocupar un edificio y unirse a los cargadores. Al día siguiente los acompañé a tapiar el local de Medef y escribir « poder al pueblo » en los ladrillos frescos. Ese fue el día que nació el hombre que hoy soy.

Entonces yo estudié historia porque hablábamos mucho sobre la revolución y no quería hablar desde una posición ignorante. Pero muy rápidamente decidí dejar la universidad. El motivo fue simple, no solo aprendemos mucho más en los libros que en clase, sino que además no quería escalar socialmente para convertirme en un cuadro fácil del sistema contra el que quería luchar. Este fue el verdadero comienzo de la aventura.

Luego viví con muchos amigos en el campo y en la ciudad, ahí es donde aprendí a arreglar todo, a construir todo. Nosotros intentamos hacer todo por nosotros mismos en lugar de trabajar para comprarlo. ¡Una vida un poco hippie! La diferencia era que sabíamos que no íbamos a cambiar el mundo metidos en nuestro pequeño capullo de autosuficiencia. Entonces, siempre me mantuve en contacto con las noticias políticas, fui a encontrarme con quienes, como yo en el pasado, vivieron su primer movimiento.

Así fue como me uní al movimiento de los Chalecos Amarillos desde hace cuatro meses. Es el movimiento más bello y fuerte que nunca había visto. Ofrecí mi cuerpo y alma a ello, sin dudarlo. La tarde de mi arresto, mucha gente vino a saludarme, agradecerme o decirme que me cuidara. Los actos por los que me culpan, los que he cometido y los otros, son en realidad colectivos. Y eso es precisamente lo que teme el gobierno, y es por eso, que nos reprimen y nos encierran individualmente, tratando de que nos enfrentemos entre nosotros. El ciudadano bueno contra el « vándalo » malo. Pero obviamente, ni la porra ni la prisión van a detener este movimiento. Estoy de todo corazón con los que continúan.

Desde los muros de Fleury-Merogis, Thomas, Chaleco Amarillo.

[1] Esto también se aplica a muchos de los ambientalistas oficiales que desean que este pobre y contaminante hombre no pueda conducir más su camioneta de 1990, que mantiene, repara y cuida por si mismo. No, él tendrá que comprar la última alta tecnología de bajo consumo cada cuatro años.

[2] Además, los periódicos hablan de mis antecedentes penales por « degradación ». Tuve que hurgar en mi cabeza para recordar. Es mas precisamente un « robo con una pandilla organizada ». Es decir, que el pasar por encima de una cerca para recuperar alimentos en los contenedores de un mercado rural de Carrefour, esta se colapsó un poco. Esto no es una broma. Esto es sólo la magia de las tipificaciones criminales.

Open Letter of an Imprisoned Yellow Vest

Hello,

My name is Thomas. I’m one of those many Yellow Vests that are sleeping in jail right now. It has been almost 3 months since I was incarcerated in Fleury-Mérogis under a criminal arrest warrant.

I am accused of a lot of things after my participation in Act 13 in Paris:

  • ‘degradation or deterioration of property belonging to others’
  • ‘degradation or deterioration of property belonging to someone else by means dangerous to people’ (fire of a Porsche)
  • ‘degradation or deterioration of property by means dangerous to persons committed because of the owner’s status of a person who holds public authority’ (Ministry of the Armed Forces)
  • ‘degradation or deterioration of property intended for public utility or decoration’ (attack on a police car and a car of the penitentiary administration)
  • ‘violence aggravated by two circumstances (with a weapon and against a depository of public authority) followed by incapacity not exceeding 8 days’ (the weapon would be a barrier of a building site, still on the same police car, 2 days of temporary incapacity for work for trauma)
  • ‘violence against a person holding public authority without incapacity’
  • ‘participation in a group formed for the preparation of violence against persons or the destruction or degradation of property’.

I have indeed committed some acts that are covered by these rather high-flown formulations … And I assume them. I am well aware that writing this may make me stay a little longer in prison and I understand very well all those who prefer not to admit their actions in front of the courts and bet on possible clemency.

When one reads this long list of crimes and their titles, there is enough to make me look like a madman, right? This is how I was described in the media. In the end, I was reduced to a very practical word: ‘breaker’ [“casseur” in French – ed]. Simply. ‘Why did this guy break things? – Because he’s a breaker, it’s obvious’. Everything is said, move along there is nothing to see and above all, nothing to understand. It’s as if some are born to be a ‘breaker’. This avoids having to ask why one trade is targeted over another, and if by chance these acts would not make sense, at least for those who risk doing so.

It is also quite ironic that I find myself wearing the label of ‘breaker’, especially because the thing I enjoy most in life is construction. Joinery, carpentry, masonry, plumbing, electricity, welding … Tinkering, repairing everything that needs to be repaired, building a house from the foundations up, that’s my thing. Anyway, it’s true, nothing I’ve built or repaired looks like a bank or a police car.

In some media I have also been called a ‘brute’, yet I have never been a violent person. One could even say that I am soft. So much so that it made my life complicated during adolescence. Of course, in life, we all go through difficult situations and we harden ourselves. Anyway, I am not trying to say that I am a lamb or a victim.

One is no longer innocent when one has seen ‘legitimate’ violence, legal violence: that of the police. I saw the hatred or emptiness in their eyes and I heard their chilling warnings: ‘disperse, go home’. I saw the charges, grenades, and beatings in general. I saw the checks, searches, traps, arrests, and jail. I saw people falling, blood, I saw the mutilated. Like all those who were demonstrating this February 9th, I learned that once again a man had just had his hand ripped off by a grenade. And then I did not see anything anymore, because of the gas. All of us were suffocating. That’s when I decided not to be a victim anymore and to fight. I’m proud of it. Proud to have raised my head, proud not to have given in to fear.

Of course, like all those who are targeted by the repression against the Yellow Vests movement, I first protested peacefully and daily, I always solved problems with words rather than with fists. But I am convinced that in some situations conflict is needed. Because debate, however ‘big’ it may be, can sometimes be rigged or distorted. All that is needed is for the organiser to ask the questions in a way that suits them. We are told on one side that the state coffers are empty, but we are bailing out the banks with millions when they are in trouble, we are talking about an ‘ecological transition’ without ever calling into question the production system and consumption at the origin of all climatic disturbances [1]. We are millions who shout at them, saying that their system is rotten, and they are telling us how they are trying to save it.

In fact, everything is about correctness. There is a just usage of gentleness, a fair usage of speech, and a fair usage of violence.

We must take matters into our own hands and stop imploring governments so determined to lead us into a wall. We need a bit of seriousness, a bit of honour, and to recognise that a number of systems, organisations, and businesses are destroying our lives as much as our environment, and that we will have to one day make them powerless to do harm. It implies to act, it implies gestures, it implies choices: wild protest or law enforcement?

In this regard, I hear a lot of stupidity on TV, but there is one that seems particularly vulgar to me. No, no protesters are trying to ‘kill cops’. The challenge of street clashes is to manage to push back the police, to keep them in line: to get out of a trap, to reach a place of power, or to simply take the street. Since November 17th those who have threatened to fire their weapons, those who brutalise, mutilate, and suffocate unarmed and defenceless protesters, those who are not the so-called ‘breakers’, they are the police. If the media does not talk about it, the hundreds of thousands of people who have been at the roundabouts and in the streets know it. Behind their brutality and threats, it is fear that is hiding. And when that moment comes, in general, it means that the revolution is not far away.

If I have never wanted to see my name in the press, it is now the case, and as I expect journalists and magistrates to dig into and expose my personal life, I might as well take the floor myself [2]. So here’s my little story. After a rather banal childhood in a small town in Poitou, I went to the ‘big city’ next door to start school, leave the family home (although I really like my parents), and started an active life. Not for the purpose of finding work and taking out loans, no, rather to travel, to have new experiences, to find love, to live crazy things, to have adventures. Those who do not dream of this at 17 must be seriously disturbed.

This possibility, for me, was college, but I quickly disappointed in the face of boredom and reigning apathy. Then, luckily, I came across a general assembly at the beginning of the retiree movement. There were people who wanted to block the college and who caught my attention. I met a few who wanted to occupy a building and join the dockers. The next day, I accompanied them to brick off the local Medef and tag ‘power to the people’ on the fresh blocks. That’s the day the man I am today was born.

So I studied history because we talked a lot about revolution and I did not want to talk from a position of ignorance. But very quickly, I decided to leave college. The observation was simple, not only did we learn much more in the books than in class, but in addition to that I did not want to raise myself socially in order to become a little easy frame of the system that I wanted to fight against. This was the real beginning of the adventure.

Then I lived with many friends in towns or in the country, that’s where I learned to fix everything, to build everything. We tried to do everything ourselves rather than work to buy it. A bit of a hippie life! The difference was that we knew we were not going to change the world by burying ourselves in our self-sufficient little cocoon. So, I always kept in touch with the political news, I went to meet those who, like me in the past, lived their first movement.

That’s how I joined the Yellow Vests for four months now. It’s the most beautiful and strongest movement I’ve ever seen. I threw my body and soul at it, without hesitation. The afternoon of my arrest, many people came to me to greet me, thank me or tell me to take care of myself. The acts that I am reproached for, those I have committed and the others, they are in reality collective. And that’s precisely what the government is afraid of, and that’s why they repress us and lock us up individually, trying to pit us against each other. The kind citizen against the bad ‘breaker’. But obviously, neither the truncheon nor prison seem to stop this movement. I am wholeheartedly with those who continue.

On 29/04/2019, from inside the walls of Fleury-Merogis,

Thomas, Yellow Vest.

[1] This is also true of many official environmentalists who wish that this poor, polluting man could no longer drive his 1990’s van, which he maintains, repairs, and cultivates himself. No, he’s gonna have to buy the latest low-consumption high-tech every four years.

[2] Moreover, the newspapers talk about my criminal record for ‘degradation’. I had to dig in my head to remember. It is more precisely a ‘robbery with an organised gang’. I.e., that by stepping over a fence to recuperate food in the bins of a rural Carrefour Market, he stooped low. This isn’t a joke. This is just the magic of criminal qualifications.

Merci à Stalkerzone pour la traduction.

La lettre de Thomas P. reprise par Médiapart

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Le 9 février lors de l’acte XIII des Gilets Jaunes à Paris se transforme en une immense manifestation sauvage, des policiers en civil dissimulés dans le cortège remarquent un individu qu’ils décrivent comme « particulièrement hostile à la présence de fonctionnaires de police ». 4 heures durant, ils vont suivre et filmer discrètement Thomas P., 25 ans, avant de procéder à son interpellation.

 Dans leur rapport, les forces de l’ordre reconstruisent minute par minute le parcours présumé du jeune émeutier en gilet jaune : de nombreuses devantures de banques et de compagnies d’assurances vandalisées, jets de cailloux ou de trottinettes électriques sur la police, incendie de la Porsche du chef cuisinier Christian Etchebest, incendie sous la tour Eiffel d’un véhicule Vigipirate de l’armée, etc. Immédiatement, Christophe Castaner exprimait son « indignation et [son] dégoût » faisant valoir que « les militaires de la mission Sentinelle protègent au quotidien nos compatriotes du risque terroriste ». La somme de faits reprochés à Thomas P. autant que les conditions atypiques de son interpellation ont suscité l’habituel déchaînement médiatique. Placé en garde à vue puis incarcéré et alors même qu’il ne s’était pas expliqué sur ses actes, il a tout de suite été présenté comme une sorte de « super casseur », ultra violent, ultra jaune ou ultra noir, les qualificatifs monstrueux ne manquaient pas. Depuis hier, une lettre écrite depuis sa cellule et authentifiée par ses avocats circule sur les groupes facebook dédiés au mouvement des Gilets Jaunes.

Quoi que l’on pense des faits reprochés à Thomas P., ce dernier s’explique avec une grande sincérité et lève le mystère qui pouvait planer sur ses actes autant que sur le parcours qui l’a amené à rejoindre les gilets jaunes. Les paroles de détenus sont rares, celle de Thomas P. apparaîtra dès lors précieuse en tant qu’elle explique simplement ces gestes que d’aucuns qualifient un peu rapidement de « casse ». Dans ce récit introspectif, le jeune homme ne semble exprimer aucun regret, si ce n’est pour l’état de nos vies et du monde.

La lettre de Thomas P. reprise par Europe 1

Dans une lettre écrite en prison, un gilet jaune revendique « un usage juste de la violence »

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Thomas, incarcéré à Fleury-Mérogis depuis février pour sa participation aux dégradations qui ont émaillé « l’acte 13 » du mouvement, reconnaît une partie des faits dans une lettre consultée par Europe 1. 

« Je m’appelle Thomas. Je fais partie de ces nombreux « gilets jaunes » qui dorment en ce moment en prison. » Dans une lettre authentifiée par ses avocats et que nous avons pu consulter, un jeune homme de 25 ans, placé sous mandat de dépôt criminel et incarcéré depuis février, donne sa version des faits. Après « l’acte 13 » du mouvement, Europe 1 comme d’autres médias avaient retracé le parcours de ce « casseur », notamment soupçonné d’avoir jeté des projectiles sur des policiers, mais aussi d’avoir dégradé une Porsche et une voiture de police. 

« Dans certaines situations, le conflit est nécessaire »

Dans cette lettre datée du 29 avril, le jeune homme reconnaît avoir « effectivement commis une partie des actes » qui lui sont reprochés. « Et je les assume. J’ai bien conscience qu’écrire cela risque de me faire rester un peu plus longtemps en prison », écrit-il. 

« Dans certains médias, on m’a traité de ‘brute’, pourtant je n’ai jamais été quelqu’un de violent. On pourrait même dire que je suis doux », poursuit l’auteur. « J’ai d’abord manifesté pacifiquement et au quotidien, je règle toujours les problèmes par la parole plutôt que par les poings. Mais je suis convaincu que, dans certaines situations, le conflit est nécessaire. »

« Aucun manifestant ne cherche à ‘tuer des flics' »

« Tout est question de justesse. Il y a un usage juste de la douceur, un usage juste de la parole et un usage juste de la violence », estime encore ce « gilet jaune », justifiant ces actes par l »opposition à « la violence ‘légitime’, la violence légale : celle de la police ». « J’ai vu les charges, les grenades et les tabassages en règle. J’ai vu les contrôles, les fouilles, les nasses, les arrestations et la prison. j’ai vu les gens tomber en sang, j’ai vu les mutilés », assure-t-il. 

« Aucun manifestant ne cherche à ‘tuer des flics' », tempère le jeune homme, qui évoque la nécessité de « faire reculer la police, la tenir en respect ». Et de conclure à propos des « gilets jaunes » : « Ni la matraque, ni la prison ne semble arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec ceux qui continuent. »